Quelle agriculture pour le Vexin ?

 

PARC NATUREL REGIONAL DU VEXIN FRANCAIS

 

Vendredi 27 septembre 2019

Quelle agriculture pour le Vexin ?

Le Vexin français est et doit demeurer une terre agricole. C’est l’histoire de ce territoire et c’est sa vocation. Rien ne doit être imaginé qui puisse remettre en question la vitalité de cette activité, essentielle à plus d’un titre.

Il n’en est pas moins évident que nous avons, collectivement, à faire face à deux questions fondamentales :

  • Quel est aujourd’hui l’impact de l’activité agricole locale sur la santé des agriculteurs et des populations voisines et comment en maîtriser les effets indésirables les plus manifestes ?
  • Comment développer suffisamment rapidement la part (bien trop faible aujourd’hui) de la production agricole destinée à la consommation locale des habitants du Vexin, des agglomérations voisines et, plus largement, de la Région capitale ?

Ces deux questions ne sont pas franchement nouvelles, mais elles sont aujourd’hui perçues avec une sensibilité et une urgence qui les imposent au tout premier rang de notre agenda.

En réponse à ces questions, le Parc ne saurait ni condamner, ni prôner des solutions simplistes, fussent-elles fondées sur les meilleures intentions. Le Parc ne saurait, non plus, attendre, d’une façon passive, que d’autres (l’État, les communes, la profession agricole) trouvent et mettent en œuvre des solutions censées régler d’un coup et définitivement tous les problèmes. Le Parc ne peut (il n’en a pas le droit et cela, de toutes les façons, ne suffirait pas) ni prescrire, ni proscrire. En revanche, et conformément à sa mission (et à sa devise « une autre vie s’invente ici »), le Parc peut dialoguer et accompagner. C’est peu et c’est beaucoup.

Les agriculteurs sont depuis des années engagés dans une démarche volontaire tendant à réduire les apports chimiques sur leurs terres (et, par voie de conséquence, dans notre air, notre eau, notre alimentation). Le Parc naturel régional accompagne certains d’entre eux, volontaires pour cela (environ 15 % de l’ensemble), avec des résultats patents, mais, bien sûr, insuffisants. Et ces insuffisances sont d’autant plus fortement ressenties que des règles de plus en plus strictes s’imposent à présent aux collectivités et aux particuliers. Cependant, le monde paysan d’aujourd’hui est soumis à de très fortes contraintes et ses marges de manœuvre sont terriblement restreintes par le contexte mondialisé. Tout changement des pratiques agricoles ne peut donc s’envisager qu’avec de solides assises, d’infinies précautions, un accompagnement approprié… et la volonté des agriculteurs.

Tous, État, collectivités, acteurs du terrain, sommes engagés par la Charte du Parc à promouvoir, le plus rapidement et le plus activement possible, une agriculture durable. De surcroît, à brève échéance, des règlements de plus en plus protecteurs de la santé environnementale vont s’imposer. Il serait imprudent de ne pas s’y préparer.

L’inquiétude croissante et les attentes légitimes de la population exigent aujourd’hui de tous une mobilisation immédiate visant à promouvoir des évolutions, certes réalistes, mais rapides, profondes et durables. Le lien de confiance entre la population et le monde agricole est aujourd’hui fragilisé. Il est urgent de réagir.

Pour ces raisons, le Parc naturel régional du Vexin français engage une réflexion-action, en commençant par inviter tous les partenaires concernés qui le voudront bien (profession agricole, associations, administration, médias, élus…) à participer à une table ronde.

Marc Giroud
Président du Parc
m.giroud@pnr-vexin-francais.fr

Ghislaine Senée
Présidente de la commission Aménagement durable et environnement
gsenee.mairie.evecquemont@orange.fr